BOSSUET – Lettre autographe signée – La censure et l’église. 8 pages.

BOSSUET – Lettre autographe signée – La censure et l’église. 8 pages.

3 500€

Lettre autographe signée au Cardinal de Noailles.

Bossuet et la censure ! Magnifique et longue lettre à propos de la controverse née de la dernière riposte de Bossuet à l’ex-oratorien Richard Simon.

« Dieu nous aidera ; et pour moi, je combattrai sous vos ordres jusqu’au dernier soupir. »

Description

Jacques-Bénigne BOSSUET (1627.1704)

Lettre autographe signée au Cardinal de Noailles.

Huit pages in-4°. Germigny. 24 octobre 1702.

Correspondance Bossuet, Tome XIII, n°2181.

« Dieu nous aidera ; et pour moi, je combattrai sous vos ordres jusqu’au dernier soupir. »

Bossuet et la censure ! Magnifique et longue lettre à propos de la controverse née de la dernière riposte de Bossuet à l’ex-oratorien Richard Simon.

« Comme je crois, Monseigneur, V.E (Votre Eminence) présentement de retour de ses visites et que le temps approche où elle verra le Roi, il est temps que j’aie l’ honneur de lui parler sur le traitement qu’on me fait. J’ai dissimulé la première injure de me donner un examen, ce que cinq chanceliers de suite, à commencer par M. Séguier n’ont jamais songé. J’ai, dis-je, dissimulé dans le dessein d’avancer l’impression. Elle est achevée ; cela va bien de ce côté la ; mais on passe à une autre injure de vouloir que l’attestation de l’examinateur soit à la tête. C’est, Monseigneur, ce que je ne consentirai jamais parce que c’est une injure à tous les évêques, qu’on veut mettre par là sous le joug, dans le point qui les touche le plus, dans l’essentiel de leur ministère qui est la foi. En vérité, Monseigneur, s’il ne s’agissait que de moi, je pourrais encore m’y soumettre dans l’espérance que le Roi nous ferait justice. Mais si j’abandonnais la cause on la croirait finie par mon consentement et par mon exemple. J’ai mandé à M. Anysson ce qu’il avait à dire sur cela pour empêcher qu’on n’en vînt à l’effet. J’attends la réponse ; et je ne l’aurai pas plus tôt, que je prendrai mon parti. J’espère tout, après Dieu, du secours et de la protection de V.E., que Dieu n’a mise dans une si grande place, avec tant de lumières, de piété et de crédit, que pour soutenir l’Eglise. Je m’aiderai de mon côté et espère en Dieu qu’il nous tirera de cette oppression, si nous ne perdons point courage. Si j’en manquais, V.E serait la première a me redresser. Il faut éviter l’examen aux évêques. Je dresserai une requête que je prierai V.E. de présenter et d’appuyer. J’attends de la dresser que j’aie une réponse précise pour en régler la conclusion et les paroles. J’espère que V.E préviendra le Roi, qu’on n’aura pas manqué de bien préparer contre nous. J’espère demain avoir réponse et d’écrire plus précisément a V.E par mon neveu que je suivrai si je puis. Je crois que mon livre sera utile principalement parce que se conformant en tout point à votre censure, il fera voir l’esprit socinien dans l’ouvrage qu’elle a condamné. Cela parait devoir avoir un grand effet pour faire revenir les plus prévenus et faire sentir à tout le monde le grand péril de l’église. Dieu nous aidera ; et pour moi, je combattrai sous vos ordres jusqu’au dernier soupir. Vous savez mon obéissance Monseigneur. J. Bénigne de Meaux. »

Ayant eu communication de l’ouvrage de R. Simon avant même qu’il ne fût mis en vente, Bossuet, y ayant fait des remarques, se préparait à les donner au public précédées d’une censure. Au commencement d’octobre 1702, alors que son livre, Instructions sur la version du Nouveau Testament, était déjà sous presse, il apprit que le chancelier Pontchartrain entendait le soumettre à l’examen d’un censeur officiel. Bien que ressentant vivement l’affront qui lui était fait, Bossuet prit le parti de ne point protester. Lorsque Pontchartrain exigea que l’approbation du censeur fût imprimée en tête de l’ouvrage, Bossuet y consentit encore. Mais ayant appris que l’affaire s’était ébruitée et craignant d’être accusé de laisser violer en sa personne les droits de l’épiscopat, il revint sur sa parole et sollicita son supérieur, le Cardinal de Noailles, afin d’obtenir du roi la dispense de se plier aux exigences du chancelier Pontchartrain.

 

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