BOSSUET – Lettre autographe signée à M. de Saint-André. 1695

BOSSUET – Lettre autographe signée à M. de Saint-André. 1695

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Lettre autographe signée à André Chapperon de Saint-André.

Sept pages in-4°. Germigny. 18 juin 1695.

Longue lettre de l’Aigle de Meaux évoquant le litige qui l’oppose à l’évêque de Tournay, janséniste déclaré, à propos de la juridiction de l’abbaye de Rebais.

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Description

Jacques-Bénigne BOSSUET (1627.1704)

Lettre autographe signée à André Chapperon de Saint-André.

Sept pages in-4°. Germigny. 18 juin 1695.

Correspondance Bossuet, Tome VII, n°1244.

Longue lettre de l’Aigle de Meaux évoquant le litige qui l’oppose à l’évêque de Tournay, janséniste déclaré, à propos de la juridiction de l’abbaye de Rebais.

« Je commence par vous dire, Monsieur, que vous ne sauriez me parler trop fréquemment, ni trop franchement, ni trop amplement de tout ce que vous croirez utile pour les intérêts de l’Eglise en général et du diocèse en particulier : tout est bien reçu et j’y fais toujours grande attention. Je conviens de toutes les qualités que vous attribuez à M. le curé de Crépoil ; mais je ne crois pas qu’il convienne au diocèse ni à lui de le mettre à Meaux, avant qu’il nous ait donné des preuves d’une conduite plus sérieuse et plus régulière. Vous pouvez lui dire mon sentiment, que je lui expliquerai moi-même, en lui donnant cette lettre. Je suis très aise cependant que vous ayez accommodé son affaire avec Mme de La Trousse, et je vous en sais très bon gré. Il faudra néanmoins le tirer de là, et j’en conviens avec vous. Je consens que M. Teillard continue à St Barthélemy ; mais il faut en même temps qu’il ne compte plus rien du tout sur le revenu de Bouillancy, dont je disposerai absolument après avoir fait faire le service. J’ai de la peine à comprendre ce que vous me dites de la part de Mgr de Tournay. Je conviens qu’il a déclaré plusieurs fois à l’audience qu’il ne voulait point soutenir la juridiction de Rebais ; mais ce serait contredire à cette déclaration de vouloir encore soutenir la transaction de 1112, comme les religieux semblent le vouloir, puisqu’ils ne donnent aucun désistement, ni sur cette transaction, ni sur leur prétendu privilège. Jusqu’à ce qu’ils s’expliquent, je crois être obligé de poursuivre, tant contre eux que contre Mgr de Tournay ; et je poursuis l’audience, où ce sage prélat pourra faire telle déclaration qu’il lui plaira. Cependant, pour la procédure, il faut que j’agisse également contre les abbés et religieux. Vous pouvez dire néanmoins à Mgr de Tournay que je ne puis lui refuser de dignes louanges pour la volonté qu’il continue de témoigner de ne vouloir point combattre les droits de l’épiscopat, où il tient un si grand rang. Mais si les religieux ne conviennent, le procès ne sera pas fini. Si vous apprenez de lui quelque chose sur ce sujet-là, je pourrai l’apprendre mercredi à Meaux, au retour de Rouvres, où je vais. Je n’ai point dit qu’on vous priât de ma part de vous charger de l’éducation de ce jeune gentilhomme, mais seulement d’examiner s’il était digne que j’en prisse un soin particulier ; ce que je vous prie de vouloir faire, ou par vous ou par quelque ami judicieux, en la manière que vous trouverez la plus convenable. Quant à Mme la marquise de La Trousse, il n’a pas tenu à moi que nous n’ayons terminé notre différend à l’amiable. Je m’en étais rapporté à M. de Lamoignon, son ami, et qu’on ne soupçonne pas de me vouloir favoriser ; elle l’en a dédit. L’affaire est en état d’être jugée, et nous en sortirons plutôt par un arrêt que par un arbitrage. Ainsi il ne paraît pas qu’elle ait ne rien à faire que de faire des offres compétentes ou d’acquiescer pour éviter les dépens, qu’en ce cas je remettrai. Je vous envoie la commission que votre charité vous oblige à me demander ; je vous donne toute mon autorité, que je sais bien que votre prudence ne vous permettra jamais de mettre en compromis…»

 

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