Boris VIAN et le procès de J’irai cracher sur vos tombes.

Boris VIAN et le procès de J’irai cracher sur vos tombes.

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Lettre autographe signée à son amie Gisèle.

Intéressante lettre sur le procès de J’irai cracher sur vos tombes.

« En ce qui concerne ce livre – un des douze ou treize pondus –sachez que je fus condamné par les tribunaux à F 100.000 d’amende pour outrage aux mœurs. »

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Description

Boris VIAN (1920.1959)

Lettre autographe signée à son amie Gisèle.

Trois pages in-4° sur papier quadrillé. 21 novembre 1957.

« En ce qui concerne ce livre un des douze ou treize pondussachez que je fus condamné par les tribunaux à F 100.000 d’amende pour outrage aux mœurs. »

Intéressante lettre sur le procès de J’irai cracher sur vos tombes.

Vian débute sa lettre avec une écriture d’écolier essayant de divertir son amie déprimée. Il évoque ensuite le procès de son livre « scandaleux ».

« Ma chère Gisèle, non je ne peux pas continuer avec cette jolie écriture, mais avouez que c’est dommage. Vous avez l’air passablement déprimée, madame, et je ne vous le reproche pas, c’est une maladie que l’on fait régner de façon autoritaire sur ce pays. En relisant cette lettre à laquelle je n’ai pas pu répondre plus tôt, je vous imaginais en train de danser, seule, des danses folkloriques, et cela m’a diverti (amicalement et pas ironiquement). Qu’est ce que vous appelez perdre les plus belles années de votre vie ? Si vous vous emmerdez, autant les perdre non ? Ce serait bien plus triste de perdre celles où vous vous amuserez, et ça sera celles-là les plus belles. Vous en faites, vous en dites, toujours de drôles. Ainsi cette remarque : j’estime que la solitude devrait avoir quelques compensations. Pourquoi ce devrait ? Elle n’a aucune compensation, on l’apprécie ou non. De temps en temps, je changerais bien avec vous. En ce qui concerne ce livre (J’irai cracher sur vos tombes) un des douze ou treize pondus – qui vous inquiète tant, sachez que je fus condamné par les tribunaux à F 100.000 d’amende pour outrage aux mœurs par la voie du livre, que j’ai fait appel et que ça n’est jamais venu en appel étant amnistié avant (ça n’a duré que 4 ans). Il fut interdit because un décret loi de 39 autorisait à interdire les traductions d’ouvrages étrangers pouvant porter atteinte etc… Et qu’il était présenté (bon canular) comme traduction. Comme je m’en fous, j’ai rien dit – mais si je le faisais réimprimé sous mon nom, ils seraient forcés de tout recommencer. Je ne sais pas pourquoi ça vous tracasse tant. C’est pas ce que j’ai écrit de plus intéressant (modestie chérie). Faudra que je vous le prête un jour, effectivement, mais faut d’abord que j’en retrouve un exemplaire. Ca court pas les rues. Je m’aperçois que j’écris comme un porc. Mais ça va plus vite et j’ai pas des tonnes de temps. Ne vous excusez pas d’écrire quand ça ne va pas ; c’est très flatteur de se sentir consolant (si c’est ça le mot) et dans la mesure où on peut faire quelque chose, ça doit être très bien. Mais peut-on ? Pour l’an neuf, on devrait s’habiller en druides et aller couper du gui. Ca serait chouette. Qu’en dites-vous ? A bas la calotte et bien cordialement. »

Publié sous le pseudonyme de Vernon Sullivan J’irai cracher sur vos tombes parut pour la première fois en 1946 aux Editions du Scorpion. Le livre sort timidement en novembre 1946. Cependant, Daniel Parker, tenant des bonnes moeurs et dirigeant du Cartel d’action sociale et morale, porte plainte contre ce Vernon Sullivan, accusé d’inciter les adolescents à la débauche.

Vernon Sullivan? Très vite, la presse découvre la mystification: Boris Vian et Vernon Sullivan ne font qu’un! Plus empoisonné qu’amusé par ce canular littéraire réussi au-delà de ses espérances, Boris Sullivan – où est-ce Vernon Vian? – finit par avouer: tout d’abord devant le patron de la DST, le contre-espionnage français, qu’il croise chez des amis; puis devant un juge d’instruction. Oui, il est bien Sullivan…

 

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