Benjamin PERET – Paul ELUARD – Manuscrit autographe.

Benjamin PERET – Paul ELUARD – Manuscrit autographe.

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Manuscrit autographe.

Trois pages ¼ in-4° sur papier bleu-vert. Mexico. Novembre 1942.

Très belle copie manuscrite, de la main d’Eluard, du texte d’exil, surréaliste, de son ami Benjamin Péret, Dernier malheur, dernière chance.

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Description

(Benjamin PERET) – Paul ELUARD (1895.1952)

Manuscrit autographe.

Trois pages ¼ in-4° sur papier bleu-vert. Mexico. Novembre 1942.

Très belle copie manuscrite, de la main d’Eluard, du texte d’exil, surréaliste, de son ami Benjamin Péret, Dernier malheur, dernière chance (3e texte).

 

Toujours plus noire jusqu’à la faim

qui condensera ses ténèbres en une gélatine à ressouder les mondes

épars comme deux et deux font quatre

la nuit pleine de lave mine du crâne des siècles qui ne furent pas plus qu’un homard à aigrette la nuit de charbon sans feu ni lieu trop mûre s’ouvre pour offrir un fruit sombre de volcan sournois méditant l’extinction d’une race d’hypothèses à mâchoires ailées

un fruit juteux à pulpe de naufragé perdu dans les bois

soulevés par la tempête originelle mémoire empaillée Caves d’un très vieux château tendu de cœurs percés de longues aiguilles

à tricoter des bonds muets de panthères noires

dont les aveugles regards de haillons protégeant des récoltes de plumes fondantes se poursuivent d’une haine de grisou sur une roulette sans gagnants

Toujours plus noire

Et la faim tenace qui ouvre ses cratères d’argile plus molle qu’une vie pré-natale aspirant à d’éclatantes rondeurs parfumées

Toujours plus noire

La fourrure ancienne maîtresse d’un vertige accéléré de nébuleuse spirale

gronde comme un filon tapi sous une baguette

vieux tronc qui brandit quelques branches

presque gelées par la malédiction du cheval souterrain paissant ses artères sclérosées

reste d’une dette mal éteinte

Entre ses dents de ventre sourd aux cris rageurs de l’hématite

qu’use un mal rapporté d’un séjour entre les eaux grises des vieillards

une menace d’an mil

Et encore mille fois mil

assaille la tour qui fond mousse et se dissout en ailes de mouches

dont les corps attirent les fers de lance aveuglants dissimulés sous des draps de lamé

 

L’occupation allemande avait contraint beaucoup d’hommes de lettres français à chercher une terre d’exil. Au cours des derniers jours de 1941, Benjamin Péret se réfugie à Mexico, ville où, quelques mois plus tard, il rédigera Dernier malheur dernière chance. Dans ce long poème, se ressentent les vives tensions artistiques et idéologiques qui dominaient la scène littéraire parisienne surtout dans les mois précédant le début de la conflagration européenne.

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