BARBES Armand – Son emprisonnement au Mont St Michel – 1839.

BARBES Armand – Son emprisonnement au Mont St Michel – 1839.

Vendu

Lettre autographe signée à ses avocats MM. DUPONT et ARAGO.

Trois pages in-8°. Mont Saint-Michel, le 7 août 1839.

« Mes biens chers amis et défenseurs, l’autorisation d’écrire à nos familles nous est enfin octroyée par le ministre (…) j’espère que je supporterai assez bien l’isolement absolu auquel nous sommes soumis »

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Description

Armand BARBES (1809.1870)

Lettre autographe signée à ses avocats MM. DUPONT et ARAGO.

Trois pages in-8°. Mont Saint-Michel, le 7 août 1839.

« Mes biens chers amis et défenseurs, l’autorisation d’écrire à nos familles nous est enfin octroyée par le ministre (…) N’êtes-vous pas en effet mes seconds parents, vous qui avez défendu mon existence, et ce qui est d’un bien autre prix, mon honneur dans le combat à mort qui leur a été livré (…) Des cœurs comme les vôtres savent bien qu’on ne se dépouille point de ce sentiment avec la camisole de force que l’on jette à terre en apprenant qu’on a la vie sauve (…) j’espère que je supporterai assez bien l’isolement absolu auquel nous sommes soumis (…) On n’exagère point en disant que le Mont Saint-Michel est un des plus curieux monuments que renferme la France (…) quant à moi, je pensais surtout, en y arrivant, aux pauvres condamnés de juin qui ont payé de longues années, et un peu aussi, il faut le dire, aux années que j’allais y passé moi-même (…) Je voudrais vous donner des nouvelles de mes camarades de captivité, mais tout ce que j’en sais c’est qu’il se portent bien et qu’ils combattent avec succès chacun de leur côté l’ennemi commun du prisonnier, l’ennui. »

Exceptionnelle lettre de geôle, seulement quelques jours après son emprisonnement, à ses avocats qui, après l’insurrection manquée du 12 mai 1839, ont eu l’audace et l’amitié d’assurer la cause perdue de sa défense.

Barbès retrouvera la liberté suite à la révolution de 1848, puis sera à nouveau condamné à la prison à vie, en 1849, avant d’être libéré par Napoléon III en 1854. Il finira sa vie volontairement exilé à La Haye où il mourut le 26 juin 1870, quelques semaines avant que la république ne succède au Second Empire.