André BRETON – Lettre autographe signée à J.J. Pauvert – La mort du Surréalisme, même.

André BRETON – Lettre autographe signée à J.J. Pauvert – La mort du Surréalisme, même.

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Lettre autographe signée à Jean-Jacques Pauvert.

Très belle lettre de Breton tentant à tout prix de sauver la publication de la revue Le Surréalisme, même, auprès de son éditeur.

« Vous comprenez bien que la disparition du Surréalisme, même, prend à mes yeux l’aspect d’un désastre. »

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Description

André BRETON (1896.1966).

Lettre autographe signée à Jean-Jacques Pauvert.

Deux pages in-4°. Paris. 23 juin 1959.

« Vous comprenez bien que la disparition du Surréalisme, même, prend à mes yeux l’aspect d’un désastre. »

Très belle lettre de Breton tentant à tout prix de sauver la publication de la revue Le Surréalisme, même, auprès de son éditeur Jean-Jacques Pauvert.

« Cher Jean-Jacques Pauvert, bien qu’hier vous m’ayez laissé fort peu d’espoir quant à la possibilité de continuation du Surréalisme, même, je m’en voudrais ne pas encore tenter la chance en vous écrivant. Devant les chiffres que vous avez exposés hier, je comprends bien que vous parliez d’interrompre sa publication. Rien ne servirait d’épiloguer sur les causes de cet échec sur le plan commercial ; vous savez que la formule de départ m’avait paru trop ambitieuse (tirage très vaste, abondance des illustrations) ; la périodicité n’a jamais pu être assurée (bien qu’à partir du n°2 les retards aient cessé d’être imputables à la rédaction) ; les rapports avec le public envisagés trop distraitement (la revue difficile à trouver hors de deux ou trois libraires de la rive gauche ; le service de presse inefficace, qui eût demandé à être réétudié en conséquence ; divers abonnés se plaignant de n’être pas servis). Par-dessus tout, j’incrimine un certain manque de liaison organique entre vous et nous : nous nous sommes vus bien trop rarement et chaque fois bien trop brièvement pour pouvoir concerter nos idées, remédier en temps utile à ce qui l’exigeait, etc. (mais nous vous savions sans cesse très occupé, très souvent tourmenté, assez peu disponible pour débattre à fond le sujet avec nous : toujours est-il qu’à tort ou à raison je m’en suis fait scrupule). Passé outre à cette trop tardive autocritique, laissez-moi vous dire que mes amis et moi, nous sommes très affligés de votre décision et n’avons pas perdu tout espoir de vous voir revenir sur elle. Encore une fois, l’exposition internationale du surréalisme (qui s’ouvrira le 3 décembre à la Galerie Daniel Cordier et est prévue pour deux mois) offrira des possibilités de vente de la revue tout à fait exceptionnelles. On ne peut douter qu’elle attirera des milliers de visiteurs et suscitera de nombreux acheteurs qui n’ont pu être atteints par le dépôt en librairie : tout autres sont les chances de les intéresser si un numéro vient de paraître à cette occasion ou si les cinq numéros parus sont déjà rejetés dans le passé. J’ai oublié hier de vous dire qu’à la demande même de Daniel Cordier l’exposition tout entière sera axée sur l’érotisme. Le problème crucial étant celui d’un déficit éventuel à combler, je me persuade qu’il serait aisé de se procurer un bon nombre de pages de publicité qui l’amortiraient au moins en grande part. N’accepteriez-vous pas qu’un effort soit tenté en ce sens ? Vous vous souviendrez qu’il y a longtemps j’avais suggéré cette solution : comme elle n’avait pas été retenue, nous sommes aujourd’hui beaucoup plus en mesure – et surtout en raison de l’exposition – d’obtenir des galeries, librairies, etc. des insertions payantes de nature à redresser la situation. Si nous obtenions de la sorte une assurance qui porte sur deux cent mille francs, par exemple, la question de ce n°6 ne pourrait-elle être reconsidérée ? Et qui sait si d’autres idées du même genre ne pourraient venir s’adjoindre à celle-ci ? Il va sans dire que nous nous offrons à assumer toutes les démarches. Je vous prie cher Jean-Jacques Pauvert, d’excuser mon insistance. Au moment où le surréalisme est appelé à un grand regain d’actualité et où de nouveaux apports sensationnels lui assurent le maximum de retentissement, vous comprenez bien que la disparition du S, m. prend à mes yeux l’aspect d’un désastre. Quoi qu’il advienne cependant, croyez, mon cher ami, que je vous sais le plus grand gré de la sympathie et de la confiance que vous nous avez témoignées et dont nous espérons ne pas avoir démérité tout au moins en esprit. Affectueusement. André Breton. »

 

Publiée par la librairie Jean-Jacques Pauvert  partir d’octobre 1956 jusqu’au printemps 1959, la revue trimestrielle Le Surréalisme, même constitue une des revues majeures du courant surréalistes d’après-guerre. André Breton, cherchant à donner une nouvelle impulsion au mouvement, tenta d’y rassembler différentes générations de surréalistes. Le titre de cette revue est une allusion au projet pictural de Marcel Duchamp « La Mariée mises à nu par ses célibataires, même« . Breton ne parvint pas à convaincre Pauvert de poursuivre la revue au-delà du cinquième numéro, malgré tous ses arguments déployés dans cette lettre.

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