Gustave FLAUBERT et le procès de Madame BOVARY. 1857.

Gustave FLAUBERT et le procès de Madame BOVARY. 1857.

9 500€

Lettre autographe signée à un ami.

(Paris). Vendredi matin (23 janvier 1857).

Extraordinaire lettre de Flaubert annonçant sa comparution en police correctionnelle pour son premier ouvrage, Madame Bovary.

« Ils me condamneront je n’en doute pas. »

Description

Gustave FLAUBERT (1821.1880)

Lettre autographe signée à un ami.

Une page in-8° sur papier bleu. (Paris). Vendredi matin (23 janvier 1857).

Lettre inédite à la Correspondance de la Pléiade.

« Ils me condamneront je n’en doute pas. »

Extraordinaire lettre de Flaubert annonçant sa comparution en police correctionnelle pour son premier ouvrage, Madame Bovary.

« Mon cher ami, J’ai à vous annoncer que je passe demain à 10 h. du matin en police correctionnelle, 6e chambre. Je n’espère rien – pas même la remise des débats car Me Senart ne peut plaider pour moi demain. On passera peut-être par là dessus ? puisqu’on m’a poursuivi à travers tout et malgré tous. Je voulais vous offrir un volume. Ces MM. du parquet m’en empêchent – ils me condamneront je n’en doute pas. Voilà une manière de protéger la littérature – violente ! »

 

En mars 1856, au terme de presque cinq années d’un travail acharné, Madame Bovary est achevé. Dès octobre, le roman de Flaubert est publié, en feuilleton, dans la Revue de Paris, alors dirigée par Léon Laurent Pichat.

Fin décembre, tandis que l’auteur vient juste de signer un contrat d’édition avec Michel Lévy, son ami Maxime Du Camp lui apprend que Madame Bovary est frappé d’une instruction judiciaire qui le conduira rapidement à la Correctionnelle pour « outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs ».

L’audience est fixée au samedi 24 janvier 1857, puis renvoyée au 29.

Face au Procureur – Censeur Pierre Ernest Pinard, Flaubert est défendu par Me Senard, figure célèbre du barreau de Paris et ami de la famille. Au terme d’une brillante plaidoirie de défense de ce dernier, Flaubert échappe à la condamnation requise mais est « blâmé pour le réalisme vulgaire et souvent choquant de la peinture des caractères ».

Abattu et épuisé par l’épreuve, Flaubert écrit le 10 février à son amie Louise Pradier : « Ce tapage autour de mon premier livre me semble tellement étranger à l’Art qu’il me dégoute et m’étourdit (…) Malgré l’acquittement, je n’en reste pas moins à l’état d’auteur suspect – médiocre gloire ! »

Quant au censeur Pinard, il trouvera sa revanche quelques mois plus tard en condamnant Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire.

On ne connaissait jusqu’alors que deux lettres de Flaubert rédigées le 23 janvier 1857 évoquant l’ouverture du procès le lendemain: celle, assez brève, à son frère Achille et celle, plus longue et très ironique, à Alfred Blanche (cf Pléiade). Notre lettre est reproduite dans l’ouvrage d’Edouard Graham, Passages d’encre, Gallimard, page 119, nº 15.

 

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